C'est
avec beaucoup de considération et de sérieux que le GIERFI entretient des partenariats divers.
Parmi ceux-ci nous comptons des partenariats religieux et associatifs
· La Rabita Mohammadia des oulémas du Maroc, institution religieuse de référence.
· Al Hidn, une association marocaine en charge du développement culturel et social de la famille et des enfants.
GIERFI
Associació
Desenvolupament feminisme islàmic
C/ Roger de Flor, 89, 4º 2ª
08013 Barcelona (Espagne)
www.gierfi.com – gierfi@gmail.com
+34 93 2326636
OBJECTIF
Revendiquer l'égalité spirituelle de l'homme et de la femme à travers la relecture de certains versets coraniques.
RÉSUMÉ DE LA RÉFLEXION
L'histoire de la création d'Adam et Eve, comme elle a été relatée dans le Coran, permet d'apporter plusieurs réflexions:
Dans la sourate An-Nissa (les femmes) verset 1: « O vous êtres humains, craignez votre Seigneur qui vous a crée d'une seule essence (Nafss) et qui a crée d'elle son conjoint (zawj) et qui de ces deux là a fait propager beaucoup d'homme et femmes ».
Les exégètes classiques, dans la majorité, ont attribué Nafss à Adam et Zawj à Eve en s'appuyant sur la légende, selon laquelle Eve a été crée de la côte gauche d'Adam. Or nulle part dans le Coran il n'est question d'une création d'Eve d'une côte d'Adam. Cette "légende" à proprement dit nous vient de la version biblique de la création d'Eve: "Dieu fit tomber une torpeur sur l'homme qui s'endormit. Il prit de ses côtes et referma les chairs à sa place. Le seigneur Dieu transforma la côte qu'il avait prise à l'homme en une femme qu'il lui amena".
Dans le Coran, il n'a pas été rapporté que la femme a été crée d'une manière inférieure à l'homme ni qu'elle a été crée d'une partie d'Adam. Adam traduit selon les versets: l'être humain en général (al inssan ou al Bachar) ou le mâle, partenaire homme de la femme.
Selon l'exégèse contemporaine réformiste (imam Mohammed Abdou, Cheikh Alghannouchi…) NAFSS signifie l'essence d'origine et ne spécifie pas l'homme mâle. ZAWJ signifie conjoint ou paire et ne spécifie pas non plus Hawa ou Eve dont le nom n'a jamais été cité dans le Coran (cela ne veut pas dire qu'elle n'existerait pas mais comme l'indique le terme de Zawj ou conjoint cela dépendrait du sens du verset ou siyak al ayah qui va traduire le terme conjoint en femme ou homme).
Les exégètes se sont aussi basés sur un Hadith du Prophète (S) : « Eve a été crée à partir d'une côte courbe ainsi si tu veux la redresser, il se pourrait que tu la rompes ». Venant du Prophète et connaissant sa tendresse envers les femmes, cet énoncé prend un autre sens qui n'est pas péjoratif mais qui est utilisé comme une tentative d’adoucir le comportement brute et rude des hommes de l’époque envers leur femme et serait plutôt une recommandation –utilisant la métaphore de la côte – afin de leur apprendre à être plus doux et plus respectueux avec leur femme.
L'islam n'a pas et ne peut avoir une position de mépris vis-à-vis de la femme sur le plan de sa création et sur son origine.
CONCLUSION
On peut concevoir la création humaine en trois étapes: D’abord, la création de l'être humain à partir d'une essence commune (NAFSS), ensuite, la création d'un conjoint identique (ZAWJ), et enfin, la création de façon strictement identique de l’homme et de la femme.
L'esprit humaniste dans l'islam a pris naissance avec la création de l'être humain. ALLAH a élevé l'être humain par son savoir. Les anges vont par ordre divin se prosterner devant l'homme. C’est une prosternation devant le Savoir puisque c’est ce qui va différencier les anges de l’être humain. L'être humain a prouvé sa supériorité grâce à ses connaissances. Notons l’importance du Savoir qui est une qualité intrinsèque à la création de l’humanité.
L'être humain, représenté par Adam, sans distinction entre homme et femme, est le gérant (Khalâif) de Dieu sur terre.
Le Coran, à l'opposé de la bible "responsabilise" les deux premiers êtres Adam et Eve vis-à-vis de leur désobéissance. Eve n'était pas la première à violer l'interdiction divine. Eve n'est pas non plus la tentatrice qui a mené Adam à commettre un péché mais une compagne qui porte la responsabilité de l'acte avec lui. Cependant, l'exégèse classique islamique- voir Tafssir Alqortobi- rapportera le même récit de la genèse chrétienne et culpabilisera Eve en relatant toute l'histoire du serpent, du fruit et de l'image tentatrice d'Eve.
On peut voir la Chute (anzilou minha jamian) d'Adam et Eve du paradis non pas comme un châtiment mais comme une possibilité donnée à l'homme de se repentir à chaque fois qu’il commet une faute. L’être humain est éternellement soumis au risque de pécher ; il doit néanmoins savoir se repentir et revenir vers son Créateur ; c’est l’histoire naturelle de la vie : Sunnatou Allah fi ardih.
Selon la tradition musulmane, l'être humain est structurellement innocent et les révélations successives viennent lui indiquer la voie et lui spécifier les limites Hudud Allah. Dieu ne punit personne pour les erreurs commises par un autre. Il n'y a pas de péché originel en Islam mais un Pacte originel scellé entre les êtres humains et leur Créateur.