Par Asma Lamrabet
J’ai mal à mon islam…
Celui que je vois dans ma triste réalité de tous les jours…
Celui que je vois dans les médias jour et nuit, matraqué, décortiqué, ressassé jusqu’à la nausée…
C'est
avec beaucoup de considération et de sérieux que le GIERFI entretient des partenariats divers.
Parmi ceux-ci nous comptons des partenariats religieux et associatifs
· La Rabita Mohammadia des oulémas du Maroc, institution religieuse de référence.
· Al Hidn, une association marocaine en charge du développement culturel et social de la famille et des enfants.
GIERFI
Associació Desenvolupament feminisme islàmic
C/ Roger de Flor, 89, 4º 2ª
08013 Barcelona (Espagne)
www.gierfi.com – gierfi@gmail.com
+34 93 2326636
Par Asma Lamrabet
J’ai mal à mon islam…
Celui que je vois dans ma triste réalité de tous les jours…
Celui que je vois dans les médias jour et nuit, matraqué, décortiqué, ressassé jusqu’à la nausée…
Asma Lamrabet
Le discours d’Obama au Caire constitue sans aucun doute un tournant décisif dans les relations entre les Etats Unis d’Amérique et le monde musulman.
Au delà du charisme d’Obama, de
son éloquence indubitable et de cette sensation de sincérité profonde qui émane de lui et qui fait défaut à la majorité des politiciens de cet envergure, c’est à un Obama débordant de
spiritualité et d’humanisme que nous avons eu affaire ce jeudi 4 juin 2009.
Lire la suite..(pdf)
Par Asmaa Ibnouzahir
19 janvier 2009
1948, une naissance. Le début d’une vie. Une vie qui s’est construite sur le projet de disparition d’une autre. Expropriations, déportations, destructions de maisons, d’oliviers et de champs, viols, massacres. Tout était légitime pour vider ce qui sera le berceau de ce nouveau-né. Ce bébé se développera vite et deviendra aussitôt un adolescent, puis un adulte fort, mais toujours protégé par son papa adoptif adoptif, les Etats-Unis. Comme pour tout parent, l’amour inconditionnel porté à l’enfant peut facilement mener à la surprotection aveugle. Mais soit ! Le prix à payer n’est pas très cher…quelques vies humaines ! Enfants, femmes, hommes, chrétiens, musulmans…arabes.
Soixante ans, des milliers de vies perdues et d’enfants traumatisés plus tard, on assiste à une reprise du spectacle mettant en scène l’enfant devenu un adulte voyou, son parent toujours aussi amoureux et des centaines de spectateurs. Ceux-ci observent, « tiraillés » entre leur support au puissant « Papa du monde » et ce pour quoi ils se sont mis un jour d’accord…le droit international. Mais, les minutes, les jours, les années passent, les spectateurs attendent avec impatience. Peut-être l’entracte leur permettra-t-elle d’espérer que ce théâtre tire à sa fin, afin de leur éviter tout ce dérangement et, surtout, ce « déchirement » psychologique.
Puis, le rideau se lève de nouveau. Vingt jours successifs de massacres, tueries aveugles, tirs bien ciblés, c’est-à-dire visant des civils. Les Palestiniens doivent apprendre leur leçon. Aux prochaines élections, ils y penseront deux fois avant de cocher la petite case de leur parti favori. Telle est la leçon que notre acteur principal voulait donner aux figurants ! La violence n’est-elle pas de nos jours un moyen favori pour apprendre aux peuples « non-civilisés» la « bonne démocratie » ! Il faut éduquer les Palestiniens. Et quoi de mieux que des chars blindés et des raids aériens pour le faire. A chaque levée du rideau, on préfère ne pas penser que ce spectacle, ce cirque devrait-on dire, a commencé il y a 60 ans. On préfère le vivre au jour le jour. Sinon, le poids serait trop lourd à porter sur notre conscience. Soixante ans, c’est trop. Alors, les conséquences sont mêlées aux causes, et on brouille ainsi les consciences. Le Hamas devient alors la cause de la punition affligée par Israël et non la conséquence de l’occupation. Décidemment, cette pièce nous en rappelle d’autres.
On a assisté à travers les siècles à une série de guerres, de conflits, de colonisations. Toutes ces pièces avaient comme point commun un oppresseur et un opprimé. Aux yeux des premiers, les seconds étaient des terroristes (exemples de l’Algérie et la France, l’Irlande et l’Angleterre, les Etats-Unis et le Vietnam, la Palestine et Israël, etc.) Mais, aux yeux du monde, des dizaines d’années plus tard, les opprimés étaient de braves résistants qui refusaient de se plier devant leurs bourreaux. Oui, ils utilisaient tous les moyens à leur disposition, parfois peu légitimes. Oui, il leur arrivait de tuer des innocents. Mais la haine et la rage alimentées par l’oppression ne mènent pas toujours vers les actions les plus posées et réfléchies. Si nous quittions notre rôle de spectateurs, notre devoir serait alors de tenter de comprendre les motifs de cette résistance, parfois violente, pour éliminer le problème à la source. Je dis, parfois violente, car le peuple palestinien résiste depuis 60 ans en restant vivant, en quittant ses demeures quand les forces de l’occupation lui demandent de le faire pour construire le Mur de fer, par exemple. C’est en soi, une résistance non-violente. Le refus de disparaître de ce peuple est la racine-même de leur résistance. Les tirs de roquettes qui surviennent de temps en temps sont des explosions de frustration, de raz le bol. Mais, comme toujours des pertes de vie humaines s’inscrivent dans le chapitre des conséquences.
Ce conflit a fait dire à plusieurs que l’histoire se répète. Occupation de territoires, ségrégations, droits de propriétés ou droit de circulation basés sur l’ethnie, bantoustans. L’Afrique du sud au temps de l’Apartheid. Cependant, avant ce dernier conflit, il n’y a pas eu de 11 septembre ! Aujourd’hui, Israël et ses alliés ont bien compris comment exploiter cet évènement qui allait servir d’épouvantail à tous ceux qui oseraient questionner la légitimité de certaines actions des grandes démocraties. Le 11 septembre. Ben Laden. « La haine de la démocratie ». Les musulmans. Surtout les musulmans. Tout musulman dans un territoire occupé ou agressé devient alors un terroriste en puissance et donc une cible légitime pour les défenseurs de la démocratie ! La preuve ? Les chiffres des victimes civiles présentés pour cette dernière offensive israélienne ne comptent pas les hommes ; uniquement les femmes et les enfants. Les hommes armés ou pas, vieux ou jeunes, chrétiens ou musulmans. Peu importe ! Tous de potentiels dangers pour la « seule démocratie du Moyen-Orient.» Ceci se présente comme le prolongement de cette action des plus barbares qu’un jour Ariel Sharon avait commise en entrant dans un camp de réfugiés et en égorgeant plusieurs enfants. Ils risquaient de devenir de futurs agresseurs du « gardien de la paix au Moyen-Orient.» Une seule solution : il fallait éliminer le problème à la source !
Aujourd’hui, la trêve a été annoncée. Certains spectateurs applaudissent la bonté de notre acteur principal, sa générosité et son bon sens. Merci Israël d’avoir daigné retenir toute ta puissance et laisser vivre ces pauvres petits survivants. On applaudit. Nous sommes encore une fois à l’entracte. Dans les coulisses cependant, c’est la répétition. Loin des caméras, des spectateurs. Mais, loin des yeux, loin du cœur. Tant que nos médias n’en parlent pas, on ne s’en mêle pas…jusqu’à la prochaine levée du rideau.
Montréal, le 20 Janvier 2009
L'histoire écrit aujourd'hui un autre chapitre de la décadence humaine… Gaza brûle et se meurt sous les bombes incessantes d'Israël, son artillerie meurtrière et son armée sophistiquée, au vu et au su d'une communauté internationale qui semble désaffectée par l'ampleur de ce génocide…
Israël, qui bénéficie d'une immunité et d'une impunité scandaleuses, qui symbolise l'oppression coloniale sous son visage le plus abject qu'il soit, continue, avec la bénédiction -totalement assumée- de la puissance américaine, de tuer, sans aucun état d'âme et sans le moindre scrupule…
Des centaines d'enfants assassinés, le corps déchiqueté, la peau brûlée par les bombes à phosphore blanc, des femmes, des vieux, des corps de civils entassés…
Il n'y a plus de place pour les morts dans le cimetière de Gaza…
L'horreur est à son comble…
Devant une telle injustice, devant un tel carnage…un tel massacre …Existe-il encore des mots pour dire ce que des cœurs ressentent…. ?
Aucun mot, aucune souffrance, aucune larme, aucune rage, aucune désespérance, ne saurait exprimer l'ampleur de la tragédie…
En Occident, c'est malheureusement sous l'angle d'une idéologie « neoconservatrice » hégémonique, qui présume que la politique d'Israël doit être défendue contre les barbares qui menacent de le submerger[1], que l'on cautionne les exactions israéliennes…
L'argumentaire est ressassé ad-nauseum : Israël, la « seule démocratie de la région[2] », a le droit légitime de se défendre, devant les menaces incessantes des roquettes -artisanales- d'un Hamas jouant le rôle de l'épouvantail « terroriste » de l'heure.
Cette allégation médiatique véhiculée par la majorité des médias internationaux- confirmée par la posture politique officielle occidentale- est devenue, en plus d'être insoutenable, inopérante humainement parlant devant les crimes flagrants du Tsahal aujourd'hui sur la population civile de Gaza.
Et puis, on oublie trop souvent, qu'il s'agit d'un conflit de colonisation et que les palestiniens, que ce soit, sous l'égide, du Fatah ou de Hamas, ont le droit, comme tous les peuples colonisés de lutter pour leur libération.
Le droit à la résistance est un droit sacré, reconnu internationalement et pour tous les peuples sauf apparemment le peuple palestinien qui au cours de son histoire de peuple colonisé a toujours été affublé des termes les plus « barbares ». Des Fidayinnes -laïques-des années 70 aux terroristes-islamistes et intégristes- d'aujourd'hui, on a toujours essayé de dénaturer la symbolique de la résistance des palestiniens, afin de mieux les dominer et de discréditer leur cause aux yeux de l'opinion internationale. Et c'est bien entendu le peuple palestinien en entier que l'on prend en otage dans cette confusion politique calculée. C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui quand on inculpe le Hamas de tous les maux…
La « rue arabe », quant à elle, minée par des politiques internes désastreuses, crie sa révolte, sa colère et son désespoir devant ces crimes quotidiens et l'indécente léthargie politique de la majorité de ses régimes.
La « rue arabe » renaît à chaque conflit et à chaque crise et devient la scène « défouloir » de notre humiliation et de notre impuissance... On peut se demander si, au fond, cela est réaliste et productif ?
Mais devant l'acuité de ces massacres en direct y aurait-il d'autres choix pour des peuples assiégés politiquement et économiquement parlant ? La « rue arabe » n'a apparemment pas d'autres alternatives que celles des slogans, des cris de désespoir et des chants incantatoires religieux…La rue devient le seul lieu légitime de contestation d'une population impotente et indignée du sort réservé aux palestiniens perçus avant tout comme les victimes principalement musulmanes d'un conflit où l'effroyable machine de guerre israélienne représente « l'ennemi juif ».
Le marqueur religieux est ici très intense et l'amalgame est souvent de mise devant des carnages commis, ne l'oublions pas, au nom d'un état sioniste nourri par une idéologie religieuse extrémiste. C'est toute l'identité islamique qui se voit bafouée par une symbolique religieuse désignée péjorativement comme étant juive. Or, la nuance doit être de rigueur aujourd'hui plus qu'hier : il ne s'agit pas d'une guerre entre musulmans et juifs comme le voudrait d'ailleurs l'idéologie hégémonique néo-conservatrice contemporaine qui se drape sous l'effigie de la civilisation judéo-chrétienne pour mieux isoler l'ennemi commun à savoir l'Islam, érigé en bouc émissaire indispensable. Le conflit est éminemment politique même s'il se barricade derrière des idéologies religieuses.
Les musulmans doivent en être conscients et doivent éviter les glissements sémantiques lourds de sens… Beaucoup de musulmans aveuglés par tant de détresse succombent inconsciemment ou chauffés à blanc par des discours religieux où la haine et le souffle de la vengeance ont pris le dessus sur la raison …
La cause du peuple palestinien n'est pas la propriété exclusive des musulmans. Elle est celle de tous les peuples opprimés sur terre. Elle est celle de la résistance au colonialisme, celle des peuples du Sud, la cause de tous ceux qui luttent pour la dignité et la liberté de l'être humain. C'est pour cela que des milliers de personnes sont sorties crier leur révolte à Oslo, à Séoul, à Paris, à Londres ou à New York…C'est pour cela que de nombreux occidentaux non musulmans, chrétiens, laïques ou juifs font entendre leurs voix aujourd'hui pour que cesse ce massacre… « L'état d'Israël doit être suspendu des instituions internationales, tant que Gaza sera assiégé … .Les dirigeants politiques et militaires israéliens doivent être traînés en jugement dans un tribunal international pour crimes de guerre ! » C'est l'appel de Michel Warschawski qui vient de l'intérieur d'Israël[3] ...
Que l'on ne s'y méprenne pas, ce génocide commis par Israël est un crime contre l'humanité tout entière et il serait faux, dangereux et contreproductif de l'enfermer dans une guerre ethnico religieuse. Il y va de la crédibilité voire de la viabilité de la cause palestinienne qui est une cause juste et l'histoire de l'humanité est en train de l'écrire aujourd'hui avec le sang des enfants palestiniens assassinés par des criminels de guerre au pouvoir en Israël.
[1] Voir l'excellent article d'Alain Gresh : « Libérer les Palestiniens des mensonges de Bernard Henry Levy » sur son blog : http://blog.mondediplo.net
[2] Emmanuel Todd décrit la démocratie israélienne comme étant « la seule démocratie officielle ethnique après la fin de l'apartheid sud-africain » dans son dernier livre : « Après la démocratie » Éditions Gallimard, 2008.
[3] Gaza : un appel de Michel Warschawski, Gaza sous les bombes, Alternative Information Center, le 27 décembre 2008.