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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /2009 10:53

Par Leila Bdeir  

Dans un article paru dans La Presse le 12 mai, Djemila Benhabib s'en prend à la Fédération des femmes du Québec (FFQ) dont les membres ont voté contre l'interdiction du port des signes religieux ostentatoires par les employées de la fonction publique québécoise. Mme Benhabib y cite «l'alliance» entre la FFQ et certaines associations musulmanes locales, dont Présence musulmane Montréal (PMM).

Évidemment, Présence musulmane Montréal appuie la position prise par la FFQ. Cependant, les membres de PPM présentes à l'assemblée extraordinaire de la FFQ s'y trouvaient à titre individuel. Elles étaient là aussi, et surtout, en tant que femmes, en tant que féministes et en tant que citoyennes québécoises dont l'avenir est indissociable de celui de la société. Accuser la FFQ, comme le fait Mme Benhabib, d'une «compromission avec des mouvements politiques des plus rétrogrades...» relève de la fumisterie.

 

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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /2009 01:46

Par Asma Lamrabet

Le concept d’al-Quiwamah, retrouvé dans le Coran, est souvent interprété comme étant la preuve indiscutable de la supériorité des hommes sur les femmes. Nous allons dans cet article essayer d’analyser le verset coranique correspondant ainsi que  les interprétations retrouvées aussi bien dans l’exégèse classique que contemporaine. 
  

« Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des avantages que Dieu leur a accordées sur elles et en raison des dépenses qu’ils effectuent pour assurer leur entretien. »[1]
Coran 4 ; verset 34.

 

al-Quiwamah dans les commentaires classiques :

Dans pratiquement toutes les interprétations relevant de l’exégèse classique – Tafassirs-ce concept est traduit comme étant un privilège donné à l’époux et une faveur divine accordée à l’homme.

La majorité des exégètes  interprètent le terme quawamoune comme étant la prédisposition naturelle de  l’homme à être le « chef de la femme » (rayissiha) , son supérieur (kabiriha), celui qui la dirige (el hakimou alayha), celui qui la corrige si elle s’écarte du droit chemin (al mouadibouha ida iaouajate)[2].

D’autres parlent de « l’emprise des hommes sur la vie morale des  femmes [3]» (moussalatouna ala adab enissaa), tandis que pour certains, les hommes « dominent » les femmes (moussaytirin alaihina) dans toutes les sphères de la vie sociale[4].

Quelques - uns vont aller jusqu’à comparer l’épouse à une prisonnière ou une esclave qui devrait être sous l’autorité d’un  mari  décrit comme détenant le pouvoir absolu.[5].

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[1] Traduction Pr Chiadmi, Le Noble Coran ; Editions Tawhid.

[2] Voir Tafssir Ibn Kathir du verset 34 ;4.

[3] Tafssir Ibn Abbass du même verset.

[4] Tafssir Al-Kachaf Azamakhchari.

[5] Ibn el-Qayem al- Jawziya dans I’lam al- muaquini’ine : « el zawj kahiroun lizawjatihi hakimoun alayha wa hia tahta sultatihi wa hikmihi kalassira »

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Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /2009 20:16

Par Malika HAMIDI, mars 2008


Le 7 Février 2008, les parlementaires turcs adoptent l'intégralité du projet de révision constitutionnelle aboutissant à la légalisation du foulard islamique à l'Université, au grand dam des défenseurs de la laïcité, qui ont manifesté en masse à Ankara. La question du foulard dit « islamique » représente un des défis majeurs du XXIe siècle sur la scène internationale. Il questionne entre autres, le rapport entre Islam et Occident, deux mondes qui seraient diamétralement opposés. Le concept de « laïcité » est questionné et fait débat, au-delà des frontières en Occident comme dans le monde arabo - musulman.


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Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /2009 22:19

La femme musulmane a t-elle le droit de conclure son propre contrat de mariage sans la présence du Wali ou tuteur ? 

Par Asma Lamrabet 

Il est assez troublant de voir comment on s’empresse aujourd’hui d’affirmer que la présence d’un tuteur, représentant légal de  la femme,  est obligatoire et constitue une condition sine qua non  pour la validité du contrat de mariage. Or, c’est une question qui, comme tant d’autres,  en l’absence d’un texte  clair, a  été à l’origine  de divergences évidentes  parmi les savants musulmans des grandes écoles juridiques islamiques.  Il suffit de jeter un coup d’œil dans ce large patrimoine juridique pour constater à quel point les réponses étaient nuancées et l’argumentation des uns et des autres étaient judicieuses et ma foi jamais catégoriques[1].  Devant l’absence de preuves indéniables provenant des sources sacrées, Coran et Sunna, les anciens savants et juristes ont interprété certaines données scripturaires selon  leurs points de vue et les  données de l’époque tout en restant très vigilants quant à un principe de base qui revient incontestablement dans leurs conclusions respectives à savoir celui du   droit de la femme à choisir son partenaire. C’est ce principe émanant de l’objectif global de l’éthique islamique (Maquassid acharria),  dont les sources ne sont autres que le Coran et la tradition du Prophète (PSL), qui a conditionné leurs interprétations respectives.

  

Le Wali ou représentant légal de la femme a  été  dans tous les cas compris d’abord et avant toute chose comme une personne, généralement un proche familial, chargée de protéger les intérêts de la femme, de l’accompagner et de la soutenir dans son futur choix.  Ce n’est qu’avec le temps qu’une certaine lecture misogyne va prendre le dessus et donner au wali le sens de l’autorité patriarcale, de la coercition et de l’abus de pouvoir…C’est le concept, élaboré par certains juristes des temps de décadence, sous  le nom abusif et ô combien révélateur de « wali jabri » : tuteur de la contrainte[2] !  Ce concept de  « wali jabri » fera ainsi partie de toute la panoplie juridique qui a été conçue afin de « prévenir » et de lutter contre la déliquescence des mœurs « Sad Addaraii » et qui a légitimé, au nom du religieux, des abus juridiques comme, entre autres,  les mariages de mineures, le mariage sans consentement de la future épouse ou mariages forcés et les mariages par procuration. Tous ces « abus »   qui étaient   en flagrante contradiction avec les principes islamiques et les interprétations des premiers juristes ont finit par donner au wali un sens négatif dans la mesure ou de la protection des intérêts de la femme on est passé à la subordination, pure et simple,  de celle qui est mise véritablement « sous tutelle », en la rendant inapte à prendre des décisions la concernant et en la privant  de facto, de ses droits les plus basiques…

C’est de là que l’on peut comprendre comment la question du wali a été – et le reste toujours dans certains pays où les lois du statut personnel l’exigent-  l’un des « chevaux de bataille » des courants féministes laïques en terre d’islam, qui considèrent ce concept comme une preuve de plus du statut d’infériorité infligé aux femmes musulmanes au nom même de l’islam.   

Il est vrai que le justificatif du wali est « religieux » mais il n’émane pas des textes scripturaires. Il est un pur produit du Fiqh ou jurisprudence islamique. C’est donc un concept juridique qui à l’origine symbolisait plutôt un soutien moral familial  et qui avec la décadence de la pensée islamique a eu tendance à se transformer en pouvoir autoritaire.

Il serait donc intéressant de survoler les textes juridiques originaux afin de se faire une idée sur les différentes argumentations présentées par les différentes écoles juridiques et  de constater la « latitude » permise par leurs interprétations respectives et à quel point le concept juridique de « wali » était un concept « ouvert » et « flexible ».

  

Pour résumer le propos[3], il faudrait savoir que pour l’école Malékite et Shaféite l’approbation du tuteur est une condition sans laquelle le contrat de mariage ne serait être valide. Alors que pour l’école Hanéfite et à un moindre degré celle des Hanbalites, la permission du tuteur n’est pas une condition indispensable à la conclusion du mariage. En effet, pour les disciples de Abû Hanifa, la femme adulte et saine d’esprit peut conclure seule et sans consultation de son tuteur son contrat de mariage, alors que la permission et la présence  du tuteur devient une obligation si la fille n’est pas encore pubère où si l’un ou l’autre des futurs époux, mêmes majeurs,  sont handicapés mentaux.

  

Le verset le plus cité par ceux qui affirment la nécessité de l’autorisation du wali est celui-ci : « Et quand vous divorcez d’avec vos épouses et que leur délai expire, ne les empêchez (la taadilouhouna) pas de se re-marier avec leur époux s’ils se sont mis d’accord  conformément aux usages » Coran 2 ; 232.  

Ces savants font remarquer que ce verset est dirigé aux « walis » ou tuteurs des femmes  et ils affirment que s’ils n’avaient pas un certain droit de « représentativité » des ces femmes, ils n’auraient pas été interpellés de la sorte. L’Imam  Ashafii a affirmé que ce verset est le plus explicite (Sarih adalala) quant à l’obligation du Wali. Cette interprétation est confirmée, selon ces mêmes savants, par les conditions de révélation de ce verset qui a été énoncé quand Mouakal Ibn Yassar avait empêché sa sœur de se remarier avec son ancien mari alors que celle-ci désirait reprendre la vie conjugale avec lui[4]. Avec la révélation de ce verset Mouakal a accepté le remariage de  sa sœur avec son ex-mari.

Les Hanéfites vont réfuter cette affirmation par deux argumentations :

- La première étant que  dans le verset cité il y a plutôt une interpellation  faites aux époux qui tout en ayant divorcé de leurs épouses,   empêchaient ces dernières par la suite de refaire leur vie et de se remarier avec quelqu’un d’autre. D’où le terme de  « la taadilouhouna » qui vient de « adl » et qui est le fait de contraindre l’ex- épouse à refuser un nouveau mariage par des menaces, violence ou un quelconque abus de pouvoir.

L’injonction coranique est ici claire pour ceux qui empêchent leur ex-conjointe de se remarier avec un autre homme et le Coran protège, encore une fois, à travers cette recommandation,  un principe de liberté de choix pour la femme et son droit légitime à disposer librement de sa vie personnelle.

  

-       Le second argumentaire rapporté par l’école Hanéfite est que même si l’on suppose que ce verset soit  spécifique à un évènement donné, en l’occurrence ici, l’histoire de Mouakal avec sa sœur, rien dans le verset n’indique que ce même frère à le droit d’être un tuteur absolu ! Par contre, le verset stipule clairement que ceux qui interdisent aux femmes, qui le désirent, de se remarier commettent une grave transgression et qu’ils n’ont aucun droit de l’exiger encore plus en utilisant le droit de parenté.

  

D’ailleurs, d’autres savants comme Fakhr Arrazi qui est un Shafiite, affirme que ce verset concerne tous les croyants et qu’il n’est pas spécifique à l’histoire de Mouakal même si la révélation  coïncide avec cet événement. Pour ce même savant, ce verset interdit « adl anissaa » a  tous les croyants et ne peut être limité aux Walis.

On découvre donc et là aussi avec ce verset, l’exigence coranique de justice envers les femmes qui restent de tout temps soumises à l’autorité masculine et qui par peur ou par respect des traditions, renoncent souvent à leurs droits légitimes. Ce verset, à défaut de démontrer l’obligation d’un quelconque tuteur, confirme que nulle autorité   ne doit s’exercer sur le droit de la femme à choisir librement son partenaire. Les membres mâles de la famille n’ont pas le droit d’utiliser leur pouvoir en vue d’empêcher les femmes de refaire leur vie avec celui qu’elles ont volontairement choisi. L’érudit Ibn Rochd va dans le même sens en précisant que le verset cité par les défenseurs du Wali ne parle pas explicitement de tuteur ni de son degré de parenté[5].

Les disciples de Abû Hanifa ont stipulé que ce même verset est un argument de taille en faveur du droit de la femme à disposer librement de sa personne pour la conclusion de son mariage. En effet, le Coran a dit : « ne les empêchez pas de se re-marier avec leur époux s’ils se sont mis d’accord  conformément aux usages » et il n’a pas dit : « N’empêchez pas la conclusion du mariage avec leurs époux » ; il y a ici une claire injonction à la liberté de choix du partenaire et au fait que c’est à la femme et à elle seule que revient le droit de choisir et de décider[6].

Ibn Rochd qui traite  dans son traité juridique cette question  cite d’autres versets coraniques en faveur de  la « non obligation » du Wali[7].  En effet, plusieurs versets coraniques  démontrent que la femme peut contracter toute seule son mariage.

« Nul reproche ne vous sera fait sur ce qu’elles font de convenable (Maarouf) pour elles mêmes » Coran 2 ; 239.

« Tant qu’elle n’aura pas épousé un autre » Coran 2 ; 230.

Pour ce verset qui parle de Maarouf (tout ce qui est de l’ordre des convenances), Ibn Rochd affirme que cela est la preuve que tant que le choix de la femme se fait dans les limites du convenable (Maarouf) et de la bienséance alors il lui est permit de disposer librement de son acte de mariage.

Ibn Rochd rappelle qu’à Médine il y avait beaucoup de femmes qui étaient seules (sans famille ni proches) et qui disposaient  de leur contrat de mariage toute seule sans la présence d’un quelconque tuteur. Il rappelle aussi et à juste titre que nul n’a rapporté que le prophète (PSL) fut tuteur de ces femmes seules[8].  Il conclu que si il y avait une obligation du Wali pour la femme  lors de la conclusion de l’acte du mariage le Coran en aurait parlé de façon explicite et il aurait en plus préciser le genre et le degré de parenté de ce tuteur. Il rapporte aussi que le prophète n’aurait pas laissé d’instructions concernant les droits, pouvoirs et limites d’un tuteur.

  

En effet, la tradition du prophète n’est pas catégorique par rapport à cette question et là aussi les savants vont en avoir une lecture différente parfois même divergente. Tout d’abord tous les juristes sont d’accord pour affirmer que le mariage étant un contrat qui lie deux êtres humains  en vue d’une vie commune, leur consentement réciproque est essentiel voire indispensable pour la validité du dit contrat. C’est ainsi que même pour ceux des savants qui parlent d’obligation du tuteur, ils stipulent que ce dernier ne peut en aucun cas obliger la femme à épouser un homme contre son gré. Cela est un principe de base en Islam qu’il faudrait toujours avoir en mémoire et ce qu’elle que soit le degré de divergence qu’il y a par rapport à la présence obligatoire ou non d’un tuteur. L’Islam assure en effet à la femme le droit d’accepter ou de refuser toute proposition de mariage et le tuteur reste dans tous les cas comme « un droit de la femme » qui est là pour assurer sa protection, son soutien  et sa défense. Il ne faut pas oublier que toutes ces législations ont été pensé et stipulés d’abord dans le cadre du principe de liberté octroyé par le Coran mais aussi conditionnés par le contexte d’une société patriarcale où la femme est le plus souvent soumise à une culture de discrimination traditionnelle d’où  la nécessité d’une présence masculine proche représentée par   le tuteur  sensée protéger avant tout les intérêts de la femme.

Ceux parmi les savants qui sont pour l’obligation du Wali citent le plus souvent le hadith  rapporté Azuhri selon une version de Aicha épouse du prophète : «  Le mariage de toute femme sans la permission de son tuteur est nul ».

Ce hadith, critiqué par les Hanéfites et Ibn Rochd,  est, selon ces derniers,  remis en question par l’Imam Azuhri lui-même qui est sensé l’avoir rapporté[9]. En effet, et toujours selon ces savants, l’Imam Azuhri ne stipulait pas la condition du Wali dans le mariage.  Les hanéfites ont aussi ajouté que tous les ahadiths parlant de Wali étaient destinés aux filles mineures et ne concernaient pas la femme majeure. Ceci est conforté par le hadith rapporté par Muslim, Abu Dawud et d’autres qui énonce que : « La femme ayant été déjà mariée a le droit de décider pour elle-même , tandis que  le consentement  de la vierge doit être demandée et son silence est la marque de son consentement ».

  

Concernant la tradition du prophète et devant l’absence d’un texte clair et les divergences des savants, l’on peut avancer que tous ces avis sont acceptables et adaptables à notre contexte aujourd’hui tant que l’on respecte le principe de base qui est la liberté de choix de la femme. Dans ce cas précis il faudrait avoir pour mémoire ce hadith très connu cité par Ibn Abbass qui affirme qu’une jeune femme alla un jour trouver le Prophète (PSL) pour lui raconter que son père l’avait forcée à se marier. Le prophète lui laissa alors le choix entre rester mariée ou annuler le contrat de mariage.

  

On peut donc en conclusion avancer que l’on peut soutirer à travers cette analyse non exhaustive des lois juridiques   trois principes de base :

1-    Liberté de la femme quant au choix de son futur partenaire conjugal.

2-    Refus de toute autorité  familiale ou autre qui empêcherait le mariage consenti librement par les deux partenaires.

3-    Aucune preuve de l’obligation du Wali ou tuteur dans le Coran ni dans la tradition du prophète (PSL)

  

A ce niveau il serait important de préciser qu’en octroyant cette liberté de choix à la femme cela n’implique pas que les liens familiaux doivent être exclus et que les proches parents et famille n’ont pas le droit de conseiller la future épouse comme le futur époux d’ailleurs.  C’est ce que suggèrent certains savants non favorables à l’obligation du Wali qui stipulent que la femme peut conclure seule son mariage et que l’on ne doit pas lui interdire de choisir librement son partenaire à la condition que celui-ci soit compétent et de bonnes mœurs[10].  Il s’agit avant tout que la femme soit convaincue de son choix en toute liberté et ce en dehors de toute pression négative de la part de son entourage mais cela doit se faire dans un climat d’entente, de dialogue et de sérénité familiale. En effet, la présence aux côtés de la femme de son proche entourage est toujours d’un grand réconfort moral et le respect des liens familiaux doit être maintenu sans qu’il y ait  abus d’un côté comme de l’autre.

Les textes sacrés et les interprétations juridiques classiques nous laissent en effet une très grande latitude d’interprétation afin de légiférer dans chaque contexte particulier et permettent à tout un chacun de s’y retrouver à la condition de ne pas tomber dans l’oppression ou l’injustice causé à l’un ou l’autre des conjoints. Donc à chacun de choisir selon ses conditions l’avis juridique qui lui confère le plus de facilités. C’est le cas des modifications apportés dernièrement au code du statut familial au Maroc où la présence du Wali est passée de l’obligation à l’optionnel. Autrement dit, c’est à la femme de choisir si elle veut ou non la présence d’un tuteur. Le tuteur dans le sens où l’ont compris les premiers savants et non ceux de temps de la décadence qui lui ont donné un « contre sens », celui du despotisme patriarcal.

Il faudrait avant de terminer relier ce concept de Wali à l’interprétation que lui en donne le Coran lui-même dans un verset qui dit : « Les croyants et les croyantes sont des alliés ou solidaires (aouliyaa baodouhom min baad) les uns des autres, ils incitent au bien et déconseillent le mal »  Coran 9 ; 71

C’est ce sens qui doit primer celui de l’alliance, du soutien, de l’égalité, de l’homme et de la femme, qui en toute liberté, en toute conscience et en toute confiance  vont conclure l’un des pactes humains les plus importants, celui de la vie commune, de la vie à deux, où construire une famille et vivre ensemble est le plus beau cadeau de la création…

Le concept de Wali ou tuteur comme le conçoit une certaine lecture misogyne,  reste,   devant la grandeur du dessein de ce « vivre ensemble »   tragiquement dérisoire…


 

[1] Voir El Fiqh fi al madahib al arbaa, Abderrahmane Ibn Aoud Eljezri, Dar el Kitab el arabi; Beyrouth, 2005. Excellente référence pour l’étude comparative du Fiqh selon les grandes quatre écoles juridiques islamiques.

[2] Al Wilaya fi azawaj; Ahmed Bakou, Al Maktaba al jamiya, 1995; Casablanca.

[3] Pour une étude exhaustive voir la référence déja citée sur l’étude comparative du fiqh selon les 4 écoles juridiques.

[4] Selon Imam Al Boukhari.

[5] Bidayat al mujtahid wa nihayat al muqtassid ; p19,  Ibn Rochd, 2 tome; Dar al Jayl, Le Caire, 2004

[6] El Fiqh fi al madahib al arbaa, Abderrahmane Ibn Aoud Eljezri, p 32, Dar el Kitab el arabi; Beyrouth, 2005.

[7] Idem, p 19-20

[8] Idem.

[9] Voir références dans les deux ouvrages précédents.

[10] , El Fiqh fi al madahib al arbaa, Abderrahmane Ibn Aoud Eljezri, p 33, Dar el Kitab el arabi; Beyrouth, 2005 .

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Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /2009 22:40

 

By Malika Hamidi,

SYMPOSIUM AT UNESCO, Paris

 

 

I welcome such an initiative in organizing a public meeting about this topic, because it seems so essential today to exchange feelings and experiences between women and to share it in a genuine climate of mutual confidence.

I will present a viewpoint of a Muslim activist who is in-between the grass roots level and the academic level on the issue of Women and Islam in the West.

I don’t aim at questioning the controversial concept of « Muslim/Islamic feminism »in this presentation, but to focus on the emergence of a Muslim feminist awareness in Europe today. This new “model/profile” of European Muslim women is half-way between the western model of emancipation and the traditional model of the Muslim woman.

They are reshaping a European feminine Muslim identity in a new way, being between two systems of values. Thus, they are developing a double strategy of liberation: On the one hand, they are promoting an autonomous interpretation of the Scriptural Sources (Koran and Sunnah) from a feminine perspective; and on the other hand, they are developing a citizen's discourse against all forms of discriminations they are facing in the civil society, a discourse faithful to the universal values.

My speech is about 3 main points :

 

1        The emergence of a new feminist consciousness, this movement of Muslim women crossing European societies today.

 

    2 The discriminations these women are facing from within their community of    faith as well as in the civil society.

 

3        What kind of actions to fight these discriminations here in Europe? Can we speak about“Gender solidarity” for a real equality whatever is the ethnic, cultural, social or religious background of these women?

    

 

 

1 – The emergence of a “new model” of Muslim women activists and intellectuals, claiming for their rights in their own community of faith and in the civil society:

 

The newness at the heart of the debates is that women are mobilizing relevant religious strategies to escape to the discriminations.

Often, they wear a headscarf and they stand out by their religious practices and their citizen's discourse from the traditional Islam of the previous generations, confirming clearly their opposition to a certain form of patriarchate sacred by the religion.

There is a re-appropriation of the religious debate as a means of confirmation of their being. One of the objectives will be to promote an autonomous interpretation and a contextualized approach of the Scriptural Sources.

Therefore, they decide to rethink and reshape a “New model” of “Muslim women” in a European context, elaborating a new reflection of their religious belonging as a European citizen, going from their religious principles to the Universal Values.

The challenge is to face the discriminations they are victim of, not from a communitarian but from a citizen's speech, arguing it is the human dignity which is under threat.

These speeches have been qualified as “Muslim feminism/Islamic feminism” everywhere in the West and in the Muslim, because it’s a new way of thinking: feminist in its demands and deeply rooted in the Muslim tradition.

There is a will to promote the Gender justice and equality for women even if there is not always agreement in the definition of certain concepts such as the issue of “equality” (some women situate themselves in the “differentialism” that places women in their physical and psychological difference). They have a feminist stand to gain political, social and economical equality, which must not lead to the negation of the femininity. It’s equality in the difference.

Thus, by involving religious debates, they denounce the inequalities in the Islamic law, arguing it’s a human construction. They are denouncing traditional and cultural practices as well, which have nothing to do with religion.

Islamic knowledge serves as a tool to counteract traditional practices in the Muslim tradition.

This brings me to my second point:

 

 

2 - Thanks to the Islamic knowledge, the re-appropriation of the religious debates and local initiatives at the grass roots level: 

 

On the one hand and from within their community of faith: they are questioning some cultural practices, that have nothing to do with Islam such as the issue of forced marriages, excision, domestic violence, honor killings …There’s a will to be considered in the Islamic discourse through their own nature, in their femininity, their sensitivity as a woman, and no longer just as a “mother or a wife”.

In short, they refuse to be taken into hostage by a literalist approach of the Scriptural Sources.

 

On the other hand, they have to fight to demand equal citizenship in the civil society having the feeling to be considered as second class citizens.

They also refuse the political manipulation on the issue of “Women and Islam” to demonize Islam in political debates. This fight will operate itself in the name of citizen's values and human dignity. They no longer wish to be perceived as a minority that demands to be recognized. They are actors of their own history and destiny on the side of other women.

They are mobilizing themselves in order to develop alliances with women from diverse backgrounds, because the strategies for emancipation are diverse and the egalitarian spirit of the Koran can marry the feminist quest, but above all they face the challenge of proving a liberation of women from the inside of Islam is possible. They can get involved with the Western feminist movement as their struggles are the same: fighting against all kind of discriminations and subordinations women are victim of. In other words, struggling for social, economic and political equality.

We are really attending the emergence of a Universal feminist discourse. This movement seems to be on the move.

 

 

3- Finally, how leading common actions when dealing with “Gender solidarity”?

 

From within the Muslim community:

 

-      We need a reassertion of the « feminine Muslim memory ». We may find in the Muslim civilization and in the literature dedicated to “women in Islam”, important figures of mythical women, who had taken part to the Golden Age of Islam. By promoting those Women, a lot of feminists denounce the fact that the banning of women from religious sphere is an injustice and a recent phenomenon.

 

-      Establishing an inventory as to the situation of Western Muslim women from a woman point of view, asking audacious questions that could help in changing  mentalities by promoting the use of Ijtihad (the effort of interpretation of the Sources) and according to the western context in order to extract the traditional practices from the Message.

 

-      The question of education and training :

A woman is deprived of her rights and freedom when she doesn't have any access to education and knowledge of her religion. There’s an urgent need to promote education for young Muslims and parents (who still have a cultural practice of Islam because of a lack of education and knowledge).

 

In the civil society, on the side of women from different backgrounds:

 

We need to create platform of discussion and action at  local and national level in order to bypass fears and stereotypes, that enable any dialogue, and therefore any mutual knowledge.

 

Therefore :

 

-       A deeper analysis of the colonial past and the relationship governments entertain with Islam, which is somehow responsible of ethnic, racial and religious discriminations on the ground towards Muslim community.

 

-       fighting against all discriminating laws (in the field of work, housing, education …)

 

 

-       To quest and look back to concepts such as modernism, universalism; “laïcité”, equality, citizenship and creating a debate with figures of the civil and political society.

 

-       Studying religions and trying to be included in the elaboration of the programmes.

 

-       Denouncing the fact that some women in Europe are still being victims of personal status in their original countries, which is sometimes discriminatory ( e.g. : Morocco)

 

-       Questioning the western universal model of liberation that seems to be the only source guarantor for universal values, and promoting the plurality of feminism, which is the only means of being able to collaborate on common grounds in order to create a “universal and transnational feminist movement” in a wide world scale.

 

To conclude with, this presentation may seem optimistic and one should bear in mind that there are many obstacles, because all women who wear the Hidjab and who claim for their religious rights don't always identify themselves as feminists. There is a misunderstanding on the concept of “feminism” related to the colonial period when using it. Some Muslim women have a negative view seeing this movement as a struggle against Men. There is still a minority in Europe who defined themselves as Muslim feminist even if the concept seems to emerge more and more around Europe and further afield..

Nonetheless, these emerging feminist voices are in a unique position to improve their condition everywhere in the world. It’s a transnational feminist movement of resistance which is on the move. The consequences may be important from a social and political point of view in the West and in the Muslim world as well. They wish to fight for a more justice and equality: for a society with a more human outlook. The aim is important, because this is the Western model of liberation which is questioned by those Muslim feminists, who define themselves from a religious point of view, as the Moroccan intellectual Asma Lamrabet has already highlighted. 

Par GIERFI - Publié dans : Féminisme et Religion
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